No 96
Un patrimoine du progrès
Printemps 2003

 

SOMMAIRE






À l'heure des trains



Les quatre temps
du manoir Mauvide-Genest




Un saint ragaillardi


L'archéologie industrielle
Une discipline en essor
.par Pauline Desjardins

Que faire avec un silo ?
.par Jacques Lecours

La mémoire de l'industrie
.par Nicole Dorion

Patrimoine industriel
Le souffle de l'art
.par Denis Lord

Québec et Saint-Roch
Une ville, un quartier
.par Renald Gravel

Cité du multimédia
La modernité sacrifiée
.par Alan Knight

Le canal de Lachine
Les métamorphoses d'un quartier
.par Jean Bélisle

Val-Saint-François
Une campagne industrialisée
.par Benoît Gauthier

Des sites à visiter


Cap-à-l'Aigle
Village des lilas



La porte
Comme une invitation




Voir et revoir
l'architecture moderne





Le silo no5
Photo: Pierre Kohler

 

Un patrimoine mal aimé


Le commun des mortels connaît peu de choses du patrimoine industriel. Lorsque la question de sa protection surgit, nous avons pour la plupart en tête l'image de paysages urbains arides, pollués, enfumés où la vie, organisée en fonction de la productivité, n'est guère facile. Quartiers désertés par les entreprises. Quartiers abandonnés à la recherche d'une nouvelle vie. Vastes bâtiments qui nécessitent des investissements majeurs. Le patrimoine industriel est souvent rébarbatif, peu engageant. Tout comme le patrimoine moderne, issu d'un passé récent, il ne suscite pas un engouement à la hauteur de sa valeur. Parce que ce patrimoine mérite qu'on s'y attarde, Continuité propose dans ce numéro des regards multiples sur le sujet.

Tout un pan de l'histoire du XXe siècle est inscrit dans ce patrimoine qui constitue un formidable défi pour l'imagination des créateurs et des décideurs. Sa préservation soulève des questions complexes : Comment intervenir sans effacer les traces antérieures d'occupation du territoire ? Comment rentabiliser les vastes espaces pour assurer leur survie sans les dénaturer ? Comment intéresser le public à ces espaces ? Historiens, ethnologues, architectes, artistes, urbanistes, villes et entreprises elles-mêmes sont les acteurs de la sauvegarde et de la mise en valeur du patrimoine industriel. Là, comme dans bien d'autres domaines, les prémices d'une action réussie résident dans l'établissement d'une vision d'ensemble du développement et de la réhabilitation. À ce jour, on voit bien que le cas par cas ne mène à rien. Aussi, plusieurs souhaitent haut et fort une plus grande concertation entre les parties intéressées.

Depuis les années 1980, l'Association québécoise du patrimoine industriel (AQPI) relève avec brio le défi d'identifier ce patrimoine, de le faire connaître et d'y sensibiliser les instances décisionnelles. Ce patrimoine d'importance fera d'ailleurs l'objet d'une rencontre internationale à Montréal en mai et juin prochains.

Enfin, nous vous proposons de partir à la découverte de ce patrimoine en vous offrant une liste sommaire des sites du patrimoine industriel accessibles au public. Un printemps de belles surprises en perspective !