No 95
Les ponts : d'art et de génie
Hiver 2002-2003

 

SOMMAIRE






Tour de jardins



L'esprit nouveau
d'un village ancien




Restauration de l'église
Unie St. James
Laboratoire de savoir-faire

Les ponts : d'art et de génie

Gérard Macquet,
un ingénieur visionnaire
.par Jean Lefrançois

Montréal, une île, des ponts
.par Christine Conciatori

Le pont de Québec
Un pont épique
.par Jacques Jobin

Des maisons sur des rivières
.par Daphné Bédard

Le pont couvert, un art de construire
.par Sophie Duchesne

Le pont Perreault
Trois fois sauvé des eaux !
par Marie-Andrée Quirion

Le pont Turcot
Un avenir en suspens
par Lisette Villemaire

Le pont de la rivière Mitis
Réparation ou remplacement ?
par Alexander Reford

Sainte-Marie-des-Ponts
par Louise Mercier


La brique ou les couleurs de la terre




Une maison, une âme, une écrivaine





Le pont de l'île d'Orléans.
Photo: François Rivard

 

DEVOIR D'ÉTAT

Dans ce pays de démesure, où rivières et fleuve ont longtemps été des obstacles à franchir, l'ingéniosité et l'opiniâtreté des gens ont permis de créer de beaux et de grands ouvrages. Ponts de bois, ponts de fer ou d'acier, résistants au temps et à l'humeur des rivières, ont remplacé bacs et ponts de glace. Plusieurs de ces témoins de notre persévérance subsistent encore dans nos paysages. Nous les utilisons chaque jour, mais prenons-nous le temps de les admirer pour ce qu'ils sont : des ouvrages d'art et de génie ?

La protection de ce patrimoine nécessite une vision partagée entre les nombreux acteurs en présence. Devant l'immense défi technique et financier que représentent l'entretien et la pérennité de ce patrimoine, il faut se demander qui assure aujourd'hui cette vision cohérente.

Le ministère des Transports du Québec a de lourdes responsabilités dans la sauvegarde de ces ouvrages. Au cours des décennies, il a réalisé des inventaires et cumulé une bonne connaissance de ces structures. Toutefois, bien qu'elles soient annoncées depuis longtemps, les politiques sur les ponts couverts et les ponts de fer n'ont toujours pas vu le jour. Et devant la lenteur du ministère de la Culture et des Communications à adopter sa politique du patrimoine, il semble peu probable que le ministère des Transports soit le premier à aller de l'avant. Pourtant, la protection des ponts témoigne largement de l'importance du rôle exemplaire que l'État devrait jouer en matière de gestion de son propre patrimoine. Et il y a urgence d'agir : n'est-il pas affolant de constater qu'il ne reste que 89 des quelque 1000 ponts couverts construits dans la première moitié du XXe siècle ?

Bien sûr, la mobilisation des citoyens a fait la différence dans la sauvegarde de plusieurs ponts, mais, soyons réalistes, on ne peut imposer à des petits villages le poids financier de l'entretien de ces grandes structures. L'État a un rôle crucial à jouer dans ce domaine. D'autant plus qu'à l'heure où le tourisme est un moteur économique important, nos ponts deviennent des éléments d'intérêt dont la mise en valeur peut faire la différence dans des milieux qui doivent jouer de tous leurs atouts.

Louise Mercier