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Sur le chemin du Roy
Automne 2007

Une route-mémoire
Cet automne, Continuité a voulu retrouver les chaudes couleurs du chemin du Roy, revisiter le sinueux parcours ponctué de charmantes demeures, apprécier les odeurs des dernières récoltes dans ce corridor premier de la Nouvelle-France. Mais quel étonnement de découvrir autant de voies pour une même route ! Ce patrimoine viaire, d’où vient-il, où va-t-il et comment découpe-t-il le paysage ?

Ces questions, qui ont habité nos premières réflexions, nous ont fait beaucoup voyager, d’une interprétation fidèlement historique à l’aménagement d’une route touristique. Dans les années 1960, un réel intérêt s’est manifesté pour les chemins culturels du Québec. D’ailleurs, ce n’est pas innocent si on a fait parcourir le chemin du Roy dans sa totalité au général de Gaulle lors de sa visite historique de 1967. La France retrouvait la Nouvelle-France qui avait cheminé jusqu’au « Québec libre ».

Cet engouement pour la valeur symbolique du chemin premier a aussi créé une certaine confusion quant à la réalité historique de son tracé. On connaît le chemin du Roy, mais on ne reconnaît pas unanimement son tracé. Cette empreinte humaine sur la nature a vieilli. On en fréquente des parcelles, on en soigne des segments. Des portions sont préservées, d’autres souffrent d’abandon. Continuité explore ce destin, à l’affût des témoins qui racontent le parcours-mère.

Quelle que soit l’interprétation patrimoniale, historique et culturelle qu’on fasse du chemin du Roy, un intérêt semble réunir les points de vue : cette route conduit à notre passé collectif, et l’emprunter, c’est aller à la rencontre de notre identité.

Caroline Marois
Rédactrice en chef