No 101
L'héritage de l'été
Été 2004

SOMMAIRE






Le retour de l'indigène





Orfèvrerie précieuse et fragile





Benjamin Fisher
Le militaire aquarelliste


Lac Memphrémagog
La villégiature grand V

.par Dominic Ferland et Steve Otis

Lac Magog
Vivre l'été

.par Bernard Genest

Bâtir chalet au lac Aylmer
.par Anne Vallières et Gianpiero Moretti

J'ai pour toi un lac
.par Francine Bordeleau

Clubs de chasse et pêche
La nature en tenue de bourgeois

.par Paul-Louis Martin

Lac Saint-Jean
Petite mer intérieure

.par Jocelyn Caron

Matapédia, la rose saumon
.par Michel Gourd


Le Témiscouata
Têtu et volontaire





Des matériaux pour tromper l'œil





Photo: François Rivard

 

De lacs et de rivières

Enfin revenu le temps des échappées. Cette année, Continuité propose un numéro estival sur la villégiature : celle que nous offrent nos cours d'eau.

Nous avons tous souvenir de portes moustiquaires qui claquent, de pieds pendants au bout du quai et de belles verchères qui glissent sur l'onde au bruit des rames. Souvenirs agréables, mais rattrapés par la réalité. Cette pratique de la villégiature n'est plus tout à fait la même. Pour plusieurs raisons : moins de temps, souvent plus de moyens. Nos séjours au bord des lacs ont pris des formes nouvelles. Confort et sophistication ont remplacé rusticité et simplicité.

Aujourd'hui, plusieurs s'installent au bord des lacs comme on le ferait en banlieue. Plans de bungalows en série en guise de projets de construction. Les lacs à proximité des villes illustrent souvent le phénomène. Manque d'imagination ? Précipitation ? Ne devrait-on pas d'abord s'interroger sur ce qu'est la villégiature avant d'investir un site ? Les lieux de villégiature ont un esprit particulier. Un paysage qui leur appartient. Il faut en convenir.

Les citoyens sont-ils suffisamment sensibilisés à l'intégration de l'architecture à l'environnement ? Les municipalités, avides de revenus nouveaux pour s'acquitter de leurs responsabilités croissantes, réglementent-elles avec une vision d'avenir ? On peut en douter en voyant ces terrains si morcellés que les rives deviennent presque urbaines. La question est lancée : comment protéger un environnement lacustre qui participe à notre identité par le patrimoine naturel et bâti qu'il représente ?

Il existe de très beaux chalets anciens, de planches et de bois rond, qui méritent d'être conservés et mis en valeur. Par ailleurs, la jeune génération d'architectes peut relever le défi de concevoir des chalets qui s'intègrent au paysage et signent la nature même de la villégiature. Les municipalités ont le défi de résister à la surexploitation de cette ressource et de maintenir des accès publics aux berges et aux activités nautiques.

Du pain sur la planche ! Profitons des beaux jours pour regarder nos espaces avec un œil neuf !

Bonnes vacances.

Louise Mercier